Maladie de Horton: l’échographie remplacera-t-elle la biopsie temporale ?Ligue Tunisienne Anti Rhumatismale

Blog Thumb

Paris, France – Dans la maladie de Horton, ou artérite à cellules géantes, la corticothérapie est une urgence pour préserver la vision. Jusqu’à présent, la biopsie de l’artère temporale, visant à mettre en évidence l’infiltration inflammatoire, faisait figure de gold standard. Une petite étude britannique, présentée lors du congrès de l’European League Against Rheumatism (EULAR 2014), suggère toutefois que l’échographie pourrait s’imposer dans ce rôle [1]. Ses résultats paraissent en effet équivalents en spécificité, et meilleurs en sensibilité.

L’échographie-doppler n’est pas nouvelle dans la maladie de Horton. L’image se caractérise par le signe du halo, dû à l’œdème de la paroi artérielle, et, moins spécifique, par une sténose pouvant aller jusqu’à l’occlusion complète.

Jusqu’à présent, l’échographie a été utilisée comme critère, notamment pour distinguer la maladie de Horton des nombreuses autres causes de céphalées. Mais le diagnostic reposait in fine toujours sur la biopsie. L’étude menée par l’université de Birmingham montre qu’elle pourrait devenir le principal critère diagnostic.

Meilleure sensibilité que les critères de l’ACR

L’étude a été menée rétrospectivement, chez 87 patients ayant présenté des symptômes suggestifs de l’affection entre janvier 2005 et juillet 2013. Le diagnostic a été confirmé cliniquement à 3 mois chez 36 d’entre eux (41%).

Une échographie avait été réalisée initialement, et sa valeur diagnostique comparée à celle des critères de l’ American College of Rheumatology. Pour poser le diagnostic, l’ACR exige au moins trois critères parmi les suivants : âge > 50 ans, céphalées d’apparition récente, pulsatilité réduite de l’artère temporale, VS élevée, biopsie positive.

L’échographie était positive chez 30 patients. Parmi eux, 29 (96%) présentaient un diagnostic de maladie de Horton confirmé à 3 mois. Le diagnostic était par ailleurs positif chez 36 patients selon les critères ACR. Parmi eux, 21 (58%) avaient un diagnostic cliniquement confirmé à 3 mois.

Par rapport à cette confirmation clinique, la sensibilité de l’échographie était de 81%, et la spécificité de 98%. La valeur prédictive positive était de 97%, et la valeur prédictive négative de 88%.

Pour les critères ACR, ces chiffres étaient respectivement de 53% et 100%, et 100% et 47%.

Vers un diagnostic non invasif ?

Le Dr Adam Croft, qui présentait les résultats au congrès de l’EULAR, a souligné qu’il est « important de confirmer le diagnostic de manière fiable, non seulement pour être sûr que les patients atteints de maladie de Horton recevront des stéroïdes à forte dose pour prévenir la perte visuelle, mais aussi pour éviter que des patients qui ne présentent pas cette maladie ne reçoivent ce traitement sans nécessité ».

« L’échographie est non invasive, et devrait être utilisée comme investigation de première ligne dans la maladie de Horton », a-t-il conclu. « Ses valeurs prédictives positive et négative élevées par rapport à la biopsie, indiquent que la biopsie pourrait être évitée, que la suspicion de maladie de Horton soit élevée ou faible ».

 

REFERENCE :

  1. Croft A. Cranial ultrasound may replace temporal artery biopsy in diagnosis of giant cell arteritis. Congrès de l’EULAR. Paris, 12 juin 2014.